Ces femmes qui font peur aux hommes…

Le sujet d’aujourd’hui me tient particulièrement à coeur. C’est un clin d’oeil à nombre de « femmes fortes » que je connais. Parce que leur parcours me touche. Parce que je les comprends.

Qu’appelle-t-on une « femme forte » ? Je ne peux que donner ma vision ; nous en avons certainement toustes une différente. Ce qui m’intéresse dans le cas présent, c’est ce qu’on met derrière « forte » et pourquoi ça fait peur à tant d’hommes.

Parce que dans le cas présent, je parle principalement du rapport homme/femme dans le sens normé des termes (et parce qu’il est plus rare qu’une « femme forte » fasse peur à d’autres femmes, jalousie mise à part), je traiterai le sujet en écriture non-inclusive.

Par « femmes fortes », j’entends ces femmes qui ont pris leur vie en main, qui sont indépendantes, se relèvent quand elles tombent et n’ont pas besoin d’un partenaire de vie pour être heureuses. Cela n’exclut pas celles qui sont en couple. Mais c’est particulièrement à celles qui vivent hors relation amoureuse que je fais référence ici.

Si ces femmes me touchent, ce n’est pas parce qu’elles sont des femmes « fortes ». Je n’aime pas cette notion, qui en fait une sorte de dragon. Dans l’imaginaire collectif, une femme « forte » est une femme libre, indépendante, apte à prendre toutes les décisions nécessaires pour mener à bien la vie qu’elle a choisi, sans avoir de comptes à rendre à personne. Une femme qui se relève quand elle tombe, qui sait ce qu’elle veut et où elle va. Mais que l’on voit aussi parfois comme une femme autoritaire, qui n’en fait qu’à sa tête, qui ne pense qu’à elle.

Elles me touchent parce qu’elles ont décidé de tracer leur chemin « seules » contre vents et marrées dans une société où, pour la plupart des gens, être en couple (et si possible, hétéro) est malheureusement encore l’un des critères de réussite sociale, avec pour effet que vivre sans partenaire est vu comme un échec ; dans un monde (aujourd’hui encore, et même si de gros progrès sont faits) majoritairement géré par des hommes ou favorisant les hommes à de multiples niveaux, souvent invisibles parce qu’on y est tellement habitué.e.s. Ce n’est pas du militantisme, c’est un fait.

Le constat que je fais aujourd’hui, c’est que beaucoup d’hommes qui cherchent à entrer en relation, à former un couple, ont peur de ces femmes. Oui, elles fascinent souvent, parce qu’elles sont libres, parce qu’elles ont du caractère et paraissent sûres d’elles et ça les rend attirantes, parce qu’elles savent ce qu’elles veulent et où elles vont. Et parce qu’elles n’ont pas « besoin » d’un partenaire pour donner un sens à leur vie. Est-ce ce côté indépendant, inaccessible presque, qui fascine ? Cette puissance qu’elles dégagent ? Quoiqu’il en soit, ça impressionne beaucoup d’hommes. Oui, elles fascinent, mais « de loin ». Passer un moment avec elles, vivre une aventure, ça peut être très excitant. Mais dès qu’on envisage quelque chose à plus long terme, ça devient tout de suite plus compliqué. Alors qu’il n’y a pas de raison, si on y réfléchit un peu. Ce sont « simplement » des femmes.

D’où vient cette peur ? Est-elle due au fait que lorsqu’un partenaire entre dans leur vie, ça ne remet pas en question leurs fondations, leurs envies, leurs convictions ? Que ça ne révolutionne pas leur emploi du temps, que ça ne fait pas bouger toutes leurs priorités ? Et pourquoi cela devrait-il être le cas, alors que pour les hommes, ça semble normal ? Ne touche-t-on pas du doigt la question de l’ego du nouvel arrivant ? Dans la croyance populaire, c’est l’homme qui est fort, on nous passe ces messages depuis l’enfance. Alors qu’une femme devrait être par essence fragile (pour que l’homme puisse la protéger), douce, compréhensive et patiente. Quel genre de créature dangereuse est donc une « femme forte » ? Pas étonnant que ça impressionne. Ce n’est pas du tout ce que notre culture nous a appris… C’est hors norme, même s’il y en a de plus en plus. Et ce qui est hors norme, souvent, ben ça fait peur.

Lorsqu’elle entre en relation avec quelqu’un, une « femme forte » cherche rarement une protection ou une béquille, parce que ce n’est pas de ça qu’elle a besoin. Pourquoi le ferait-elle ? Elle a goûté aux joies de la liberté. Elle cherche un compagnon de route, quelqu’un avec qui partager des moments de douceur, de fun, dans le respect de chacun.e. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas de (re)prendre un rôle de mère, d’épouse, à l’ancienne. Certains hommes se sentent-ils alors inutiles ? Dans notre culture (et dans d’autres), l’homme est censé d’une part protéger la femme, et d’autre part « réussir sa vie ». Son ego a été alimenté depuis la plus tendre enfance par la conviction que la femme a besoin de lui, et par le regard que les autres hommes (et femmes) portent sur sa réussite sociale, quelle qu’elle soit. Si la femme n’a plus besoin de sa protection, à quoi sert-il ? Si la femme peut vivre sans lui, gagner sa vie, choisir ses partenaires sexuels comme bon lui semble, tout comme lui, finalement, ne risque-t-elle pas de devenir un danger, et non plus une alliée ? En poussant le raisonnement à l’extrême, pourrait-elle même devenir plus « forte » que l’homme, menacer sa virilité, l’émasculer psychologiquement ? Découvrir ses faiblesses et les lui mettre sous le nez, alors que l’être faible, c’est ELLE ?

Toutes ces réflexions m’amènent à une triste constatation : plus les femmes sont indépendantes, moins les hommes s’intéressent réellement à elles. Et c’est bien dommage. Parce que ce statut de « femme forte », elles ne l’ont pas demandé. Comme toutes les autres, elles sont capables, si elles s’autorisent à l’exprimer, de trésors de tendresse ; comme toutes les autres, elles ont envie de pleurer quand elles souffrent ; et comme toutes les autres, elles ont besoin de partage. Nous sommes d’abord des êtres humains, des animaux sociaux. Nous avons toustes une part de vulnérabilité. Que ça nous plaise ou non, nous avons toustes besoin des autres, de leur amour, de leur bienveillance, de leur regard, même s’il est conseillé de s’en détacher quand il ne nous nourrit pas. Derrière chaque femme « forte », il y a de la fragilité, parfois bien à l’abri derrière une grosse carapace. Tout comme derrière les hommes qui ne se permettent pas de le montrer, et qui parfois l’ont presque oublié, tellement on leur a répété que « ça ne se fait pas ». Heureusement, ça change, et celleux qui ont compris ça ont les clés pour sortir de ce piège ! Mais il y a encore tellement de chemin à parcourir…

Arrêtez d’avoir peur. Regardez au-delà des apparences. Et osez ouvrir des portes 😉

Le cliché de la femme « forte » (à nuancer, vous l’aurez compris) :
Ce qui se passe quand vous tombez amoureux d’une femme forte et indépendante

Un clin d’oeil pour finir :
Pourquoi les femmes parfaites font peur aux hommes

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