Ma vie sexuelle ? Quelle vie sexuelle ?…

Aujourd’hui, j’aborde une situation très sensible que nombre d’entre nous connaissent ou ont connu. Il s’agit de la croyance selon laquelle notre vie sexuelle est derrière nous. Finito. Bye bye.

A qui fais-je référence, précisément ? Je parle ici de toutes ces personnes qui pour une raison X ou Y ont un rapport difficile à leur sexualité, et qui voient cela comme une fatalité. Ces personnes qui n’y croient plus, qui ont fermé ce livre parce qu’espérer que ça ira mieux un jour sans voir ce jour arriver, ça fait trop mal, alors autant être malheureux.se sous contrôle plutôt que de risquer de se planter une fois de plus. Autant tuer l’espoir quand il ne fait plus vivre.

A ces personnes, je voudrais passer quelques messages qui me semblent très importants.

D’abord, vous n’avez pas idée du nombre de gens qui sont dans cette situation. Parce qu’on n’en parle pas. Parce qu’on a honte. Honte de ne pas « savoir faire » au moment où l’on croit qu’il « faudrait », de ne pas savoir recevoir comme on croit qu’on « devrait », et de ne pas parvenir à gérer tout cela. Honte de l’image qu’on renvoie, en ne faisant pas « bien », en n’étant pas « à la hauteur ». Honte de ne pas pouvoir répondre aux attentes réelles (ou fantasmées) des autres. Une honte qui nous empêche parfois d’aller vers l’autre, ou qui nous fait mettre en place des stratégies qui risquent, à terme, de la.e faire partir… Rien ne nous oblige à cela. Le gâchis ne nous nourrit pas.

Mais se détacher du regard d’autrui, assumer ses différences, ses blessures, accepter sa propre vulnérabilité, c’est un cheminement qu’on n’est pas toujours prêt.e à faire, ou qu’on ne sait pas comment aborder. Alors, pour s’en sortir, on enterre, on fuit. On occupe son temps avec autre chose, on se persuade qu’on n’a pas besoin de ça, ou on souffre parce qu’on se force à faire des choses qu’on n’a pas envie de faire. Et on stagne.
J’ai rencontré et continue de rencontrer tellement de personnes qui sont là-dedans, et pas que dans le cadre de mon travail, loin de là. Femmes, hommes, personnes non-binaires et toutes les autres. De tous types, tous âges, tous profils.

Ce qui se passe dans ma tête et dans mon corps, c’est d’abord MOI que ça regarde. Et ça, c’est essentiel de l’intégrer. Nous savons que la société dans laquelle nous vivons attend de nous que nous soyons dans la performance partout, tout le temps, que nous suivions des procédures bien établies, et ça peut bien nous pourrir la vie. Mais qu’est-ce qui nous oblige à suivre ce chemin ? A quel moment des choses que je n’ai jamais promises sont-elles devenues des promesses malgré moi ? Se sentir obligé.e de répondre à des attentes, c’est un piège dont on peut décider de sortir. Gardez bien ça à l’esprit.

Quid de ma.on partenaire, me direz-vous ? Peut-être dois-je prendre le temps de trouver la personne qui saura me respecter, m’écouter, m’accompagner. Celle qui acceptera mes différences, mes limites, mon vécu si j’ai envie de le partager, ou mes silences si je ne souhaite pas le faire. Si je sais qu’iel tient à moi et si je tiens à ellui, si iel est prêt.e à m’épauler dans mon chemin vers une réconciliation avec mon corps et ma sexualité, peut-être est-ce le moment de saisir cette opportunité ? Je peux choisir de refaire confiance, à mon rythme. Vous l’avez déjà tenté et ça n’a pas fonctionné ? Ca arrive, on ne tombe pas toujours tout de suite sur la bonne personne. Mais n’oubliez pas que derrière chaque impression d’ « échec », il y a un pas vers l’avant 😉

Et si je n’ai pas de partenaire ? Je peux aussi décider d’avancer seul.e. Rien ne m’oblige à rester où je suis. Attendre peut parfois être une excuse pour retarder la confrontation avec des choses qui nous font peur. Mais lorsque ça devient trop lourd, il peut être intéressant de se pencher dessus, une bonne fois pour toutes, pour soi-même et non pour un.e autre, pour se libérer. Je ne peux pas changer mon vécu. Ce que je peux changer, c’est ma manière de le regarder, pour me donner une chance de sortir de l’impasse. Identifier et déconstruire mes croyances limitantes, et m’en construire de nouvelles, mais boostantes, pour avancer, pour fermer un livre douloureux et en ouvrir un nouveau, plus apaisé.

Aux personnes en souffrance, je passe donc ce message : ne baissez pas les bras. Non, votre vie sexuelle n’est peut-être pas finie, même si vous pensez avoir tout tenté. Et je sais de quoi je parle. Vous avez essayé des choses qui n’ont rien donné, mais il y en a encore tellement. Nous sommes à l’ère du travail sur soi, nous n’avons jamais eu à notre disposition autant d’outils. Alors oui, ça peut être un parcours du combattant, mais on n’a qu’une vie, est-ce que ça n’en vaut pas la peine ?
Mettre un terme à votre vie sexuelle, c’est vous qui le décidez, et c’est parfaitement OK si cela vous apaise. Mais si cela vous fait souffrir, c’est qu’il y a encore des choses à tenter. Oui, c’est vrai, sortir de ce genre de cercle vicieux, ça demande du boulot. Parfois ça passe par une thérapie, mais ce n’est pas la seule option, loin de là. Des prises de conscience via différents moyens peuvent aussi vous aider à trouver une issue, à débloquer quelque chose dans votre corps. En tous cas, une chose est sûre : s’il n’y a pas de souci médicalement avéré, tout reste possible. Et même avec un souci de cet ordre, il y a tellement à explorer. A vous de voir…

Vous avez envie d’en parler avec moi ou avec d’autres professionnel.le.s ? N’attendez pas trop longtemps. Donnez-vous cette chance, il ne peut se passer quelque chose que si vous le provoquez. Sans attentes, et sans impatience, même si c’est difficile, même si ça vous paraît long. Chacun.e son chemin.

Un article sur l’abstinence, pour finir. Je ne suis pas d’accord avec tout, mais ça fait réfléchir 🙃
Peut-on vivre sans faire l’amour ?

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