Une légende qui fait mal…

Aujourd’hui, j’aborde un sujet sensible suite à l’intervention récente d’un homme dans une conférence, intervention qui m’a laissée sans voix et à laquelle il me semble essentiel de réagir. Propos qui en disent long sur la méconnaissance autour du viol.
Avis à mes lecteurices sensibles : ce post pourrait être difficile à lire selon le vécu de chacun.e.

L’homme en question (membre du public et non un intervenant, heureusement) considérait qu’il y avait deux types de viols : le viol dur et le viol doux (oui, vous avez bien lu), le viol dur étant selon lui le viol avec violence physique (coups, réaction de refus « évident » de la victime, etc.), et le viol doux étant, toujours selon lui, le viol (je cite) « où la femme dit non à l’inconnu mais en fait on voit bien qu’elle aime ça ».

Mise au point : un viol est un viol et personne n’aime être violé.
Définition : « Acte par lequel une personne en force une autre à avoir des relations sexuelles avec elle, par violence, contrainte, menace ou surprise. » Je précise que les moyens utilisés peuvent être physiques ou psychologiques. On parle donc bien d’un rapport sexuel non consenti, ce qui n’est jamais doux. C’est très grave et puni par la loi, que ça se passe dans la rue, à la maison ou ailleurs.

L’homme en question avait vraisemblablement mélangé différentes choses pour en arriver à une conclusion aberrante.
Oui, c’est vrai, il existe un fantasme de viol partagé par de nombreuses femmes (et probablement certains hommes dans la position du dominé), et ce n’est pas un problème. MAIS cela ne signifie en aucun cas que ces personnes aimeraient se faire violer dans la réalité. Le fantasme de viol a souvent été étudié car surprenant au premier abord, et différentes théories ont été élaborées quant aux raisons de l’existence de ce fantasme. Mais dans aucun cas, jamais, une femme n’a déclaré souhaiter être violée en vrai. Dans le fantasme, il y a volonté de la « victime » d’imaginer ce scenario, elle contrôle la situation.

Les personnes qui aiment être dominées ne désirent pas non plus être violées en vrai, même si certaines proposent d’introduire une simulation de viol dans leurs ébats avec leur partenaire. C’est leur intimité et cela ne regarde qu’elleux. Tant qu’il y a un véritable accord, clair, consenti, dans le respect des limites de chacun.e, sans risque de dérapage, tout va bien.

D’où vient le fantasme de viol ? Quand on regarde le résultat des études,on voit souvent apparaître le besoin de lâcher-prise, les jeux de domination-soumission, la valorisation du corps (« il ne peut pas me résister tellement je suis canon »), et puis il y a tout l’imaginaire lié à la passion, au côté irrésistible de l’attraction entre deux personnes, et j’en passe, bref, beaucoup de raisons possibles. Chacun.e est libre de fantasmer sur ce qu’iel veut et pour les raisons qui lui sont propres.

Mais de grâce, si vous pensez comme cet homme que je cite au début de ce post, sortez-vous ça de la tête. Le viol « doux », ça n’existe pas. Je n’y vois qu’une excuse malhonnête pour justifier un acte odieux.

Un article pour conclure :
Le fantasme de viol, insupportable ?

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