Queer or not queer ?

That is the question…

On entend ce mot de plus en plus souvent, et beaucoup d’entre nous ne savent pas exactement ce qu’il recouvre. C’est normal : même les personnes qui se considèrent comme « queer » ne sont pas toutes d’accord !

« Queer », c’est le « Q » dans « LGBTQIA+ ».

Le terme « queer » est un terme parapluie qui vient de l’anglais et signifie à l’origine « étrange, bizarre ». A la base, c’était une insulte utilisée aux Etats-Unis par des gens qui s’estimaient « normaux » à l’encontre des homosexuels et des autres personnes dont la sexualité et/ou le genre échappaient à la norme établie. Avec le temps, ces dernier.e.s ont récupéré le mot « queer » et en ont fait un terme positif. Officiellement, il qualifie aujourd’hui toutes les personnes ne se considérant pas comme cis-hétéro, c’est-à-dire comme hétérosexuelles et/ou comme cisgenre (une personne cisgenre se sent en accord avec le sexe qui lui a été assigné à la naissance). Mais cette définition est restrictive.
Des traductions ont été proposées en français (allosexuel.le, altersexuel.le), mais elles sont inexactes car se limitant à la sexualité, alors que « queer » est bien plus vaste puisqu’il couvre également l’identité et l’expression de genre (qui n’a rien à voir avec les préférences sexuelles, on est bien d’accord), et pour certain.e.s, la manière de voir les relations amoureuses. A ce jour, il n’y a donc pas de traduction correcte et c’est le mot « queer » que l’on retrouve le plus souvent.

Quand on regarde sur internet, quand on écoute ou discute avec des personnes s’identifiant comme queer ou proches des milieux queer, on constate que tout le monde n’est pas d’accord sur la signification du terme et la manière de l’utiliser. L’inconvénient de ce terme, c’est qu’il est parfois un peu fourre-tout, et qu’il n’a pas nécessairement le même sens selon qui l’utilise, dans quel contexte et avec quelle intention. Pour donner un exemple au hasard, certain.e.s homosexuels et lesbiennes ne se considèrent pas du tout comme queer, car iels ne voient pas pourquoi leur homosexualité les rendrait différent.e.s.

Derrière le mot « queer », il y a peut aussi y avoir un parti pris de revendiquer une différence dans les goûts, les comportements, les choix vestimentaires… avec une affirmation de soi, politique ou non, et une remise en question, parfois provocatrice, de la norme établie. En réalité, le terme « queer », comme toute autre étiquette, devrait surtout être utile pour les personnes concernées qui en ont besoin, parce que ça leur permet de mettre un mot sur leur identité et leurs différences, ou de se présenter de la meilleure manière pour elles dans l’espace public, ou parce que ça leur donne le sentiment d’appartenir à une communauté (important pour certain.e.s lorsqu’on fait partie d’une minorité), ou parce que ça évite l’invisibilisation des personnes qui sortent de la norme établie, ou pour toute autre raison encore. Personne n’est obligé de se mettre cette étiquette, mais qui le veut, le peut.

Finalement, la « queerness », n’est-ce pas un état d’esprit plus que tout autre chose ?
Quelle est la différence entre « queer » et « LGBT » ? Comment savoir si on est queer ou pas ? Et est-il vraiment important de le savoir ?

Pour aller plus loin, je vous propose un podcast qui met en évidence à quel point le terme est perçu différemment d’une personne à l’autre :
Intérieur Queer

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