Démystifier l’asexualité

Vous n’avez jamais vraiment ressenti d’attirance sexuelle, ou vous êtes même dégoûté.e par les rapports sexuels ? Ou vous en avez eu avec des gens qui vous plaisaient, voire dont vous étiez amoureux.se, mais ça ne vous a fait ni chaud ni froid, ou ça a même été désagréable ? 😒

Rassurez-vous, vous n’êtes pas le.a seul.e ! Peut-être faites-vous partie des personnes qui se considèrent comme asexuelles.

L’asexualité, c’est le A dans « LGBTQIA+ ». Elle est aujourd’hui considérée comme une orientation sexuelle à part entière, au même titre que l’hétérosexualité, l’homosexualité et encore bien d’autres types de sexualité existants. Être assexuel.le, c’est OK ! Ce n’est pas une maladie. Mais dans la société hypersexualisée actuelle, ce n’est pas toujours facile à assumer.

Il y a des années, des personnes issues de formation en psychiatrie et pour qui il n’était pas « normal » de ne pas ressentir d’attirance sexuel.le (aaah, ces gens qui veulent mettre de la norme partout 🙄) ont décidé que le fait de ne pas éprouver cette attirance relevait du problème psychiatrique, ou était le résultat d’un traumatisme quelconque. C’est ainsi que l’asexualité s’est retrouvée, sous un autre nom qui ressemble effectivement à une maladie, dans le fameux DSM, la « bible » des affections mentales et psychiatriques, connue dans le monde entier (et régulièrement remise en question). Tout comme à une époque, l’homosexualité, la transsexualité (terme utilisé alors pour transidentité), et autres « désordres » liés à une sexualité ou identité non conformes.

Depuis, et heureusement, des voix se sont progressivement élevées, des groupes se sont créés, des assos sont nées, pour légitimer cette orientation sexuelle. Parce que NON, ce n’est pas un dysfonctionnement, et ce n’est pas nécessairement lié à un traumatisme non plus ! En fait, c’est surtout un problème pour les autres, celleux qui ne comprennent pas parce qu’elleux en ont besoin, et oublient qu’on est tou.te.s différent.e.s, avec nos goûts et nos envies. Et quand bien même il y aurait traumatisme, cela ne nous regarde pas ! De quel droit les encouragerions-nous à « se soigner » ? Les asexuel.le.s ne sont ni malades, ni cassés !

Avez-vous déjà pensé à la pression et au jugement que subissent les personnes asexuelles dans une société où l’on nous parle sans arrêt de sexualité, où il faut absolument avoir couché avant tel âge, faire l’amour X fois par semaine quand on est en couple, et j’en passe ? Réalisez-vous que pour ces personnes, ne pas ressentir d’attirance sexuelle est parfois vécu comme une honte ? Ou comme une peur, celle d’être rejeté.e, abandonné.e ou de ne pas rencontrer de partenaire qui veuille construire quelque chose avec elleux ? Alors que celleux qui devraient avoir honte, ce sont celleux qui pointent du doigt l’absence d’attirance sexuelle, qui regardent de travers, insistent et piétinent le consentement sans même s’en rendre compte.

Finalement, une sexualité épanouie, c’est une sexualité qui nous convient, qu’elle soit active, partagée… ou non. Car parmi les personnes asexuelles, il y a plein de nuances (par exemple, graysexuel.le : « peut parfois éprouver une attirance sexuelle » ; demi-sexuel.le : « ne ressent de l’attirance sexuelle envers une autre personne qu’après avoir formé un lien émotionnel fort avec celle-ci »).
Quoi qu’il en soit, asexuel.le ou non, jamais nous ne devrions nous forcer à réaliser un acte sexuel pour faire plaisir à qui que ce soit.

Vous vous reconnaissez dans ce post ? Vous connaissez des personnes en souffrance par rapport à cette thématique ? Voici quelques liens pour aller plus loin 🙂

L’asexualité expliquée par une personne asexuelle

Asexual Visibility and Education Network (AVEN)

« Free from Desire », un très chouette podcast sur l’asexualité

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