Mieux comprendre la transidentité

Parce que ces derniers temps, j’ai rencontré et lu beaucoup de personnes transgenres qui m’ont ouvert les yeux sur tout un tas de choses que j’ignorais (et dont je me suis aperçue que l’immense majorité des gens n’a aucune idée), j’ai envie de partager avec vous ce que j’ai appris de la transidentité.

L’exercice est « touchy » parce qu’en tant que cisgenre (je suis une femme assignée fille à la naissance, être reconnue comme femme est donc facile, pour moi), je ne peux pas comprendre ce que peut ressentir une personne trans, et il m’est donc difficile d’aborder ce sujet de la bonne manière. Du coup, je commencerai par vous proposer deux vidéos où des personnes trans parlent de la transidentité, et j’ajouterai quelques remarques pour les non-initiés en substance 🙂

7 questions très simples sur la transidentité

Lucy raconte son parcours de transition

Quelques infos de base à retenir si vous n’êtes pas familiers.ères avec la notion de transidentité :

La transidentité N’EST PAS une maladie (on ne parle d’ailleurs plus de « transsexualité » car c’est pathologisant). Ce n’est pas non plus « être né dans le mauvais corps », ça c’est un jugement de la société, une manière de regarder la question très cisgenre, car au fond, qui a décidé que parce qu’on a tels organes génitaux ou tel système hormonal (entre autres), on doit se comporter comme ceci ou comme cela ? Pourquoi ne pas laisser à chacun.e la liberté d’être qui iel est sans se poser de question ? En quoi est-ce dérangeant que nous soyons tou.te.s différent.e.s ? N’oubliez jamais qu’une personne transgenre, tout comme une personne cisgenre, n’a pas choisi d’être qui elle est. Pas plus qu’on ne choisit d’être homo ou hétéro, blanc.he ou noir,e, petit.e ou grand.e, etc. Refuser l’identité ou l’orientation sexuelle de l’autre, cela n’a AUCUN SENS, c’est juste de la peur infondée. Car ce qui est difficile, ce n’est pas tant d’être transgenre, mais bien d’être jugé par la société lorsqu’on ne correspond pas à la fameuse norme établie.

Parce que c’est la majorité, il a été décidé il y a très longtemps qu’on est un homme quand on a un pénis et une femme quand on a une vulve. Sauf que… c’est pas comme ça que ça fonctionne ! Le sexe dit biologique et l’identité de genre sont deux choses différentes.Une *femme trans* est une personne assignée garçon à la naissance parce qu’elle avait des caractéristiques dites « mâle » mais qui EST une femme. Tout comme une femme cisgenre, elle se sent femme, pense en femme, réagit en femme, etc. Un *homme trans* EST donc un homme assigné fille à la naissance parce qu’il avait des caractéristiques dites « femelle » et qui se sent homme, pense en homme, réagit en homme, etc. On parle d’identité de genre (différent de l’expression de genre, qui concerne l’apparence). Et ça n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle, l’attirance, connues ou non, en termes de partenaires.
Et puis y a des personnes qui se sentent ni homme ni femme, ou les deux en même temps ou en alternance, ou d’un autre genre encore, ou qui ont des personnalités multiples… en fait, il y a de tout dans le monde et c’est ça qui est formidable 🙂
(Ces questions vous intéressent ? Je vous invite à réfléchir sur « qu’est-ce qu’une femme/un homme » et « qu’est-ce que la féminité/la masculinité » et à regarder au-delà des constructions sociales que nous connaissons. Ça aide à comprendre plein de choses 😉)

Qu’est-ce que la transition ?
Ce sont les changements médicaux (hormones, opérations, etc.) ou non (maquillage, bandage,…), auxquels une personne trans peut décider de recourir pour se sentir mieux dans sa peau et réduire l’impact de la dysphorie de genre (que j’explique ci-après). La personne décide de transitionner, avec ou sans intervention médicale, parce qu’elle ne se sent pas en adéquation avec le genre qui lui a été assigné. A noter aussi que la transition d’une personne trans ne regarde qu’elle. Poser des questions à ce sujet sans qu’elle vous y ait encouragé.e est très mal perçu, ainsi que lui demander des infos sur son passé pré-transition.

La dysphorie de genre, c’est l’inconfort, l’anxiété voire la dépression résultant du fait de ne pas vivre dans son vrai genre ou de l’impression de ne pas être reconnu.e dans son vrai genre, celui auquel on se sent (sait) appartenir. Imaginez qu’on vous demande de vous habiller et comporter en homme alors que vous êtes une femme, ou l’inverse, et que si vous ne vous conformez pas à cela, vous serez jugé.e, moqué.e, rejeté.e au quotidien ? Vous trouvez ça normal ? C’est ce qui se passe pour les personnes trans, et c’est d’une rare violence. Il est important aussi de faire attention à la manière dont on genre les personnes dont on pense ou sait qu’elles sont transgenres (genrer = utiliser le bon pronom personnel et système d’accords grammaticaux correspondant). Dans le doute, posez la question, c’est bien mieux pris qu’un mégenrage accidentel.

Estimer correctement la proportion de personnes transgenres est difficile, entre 0.3 et 3% selon mes recherches – je soupçonne qu’on est bien plus près des 3% voire au-delà car les personnes trans n’en parlent pas toujours autour d’elles, sans compter que beaucoup ne font jamais de coming out par crainte de la réactions des autres. Il y a des progrès dans l’acceptation ces derniers temps, mais l’ignorance règne encore en maître 🙄

Vous pensez que vous êtes peut-être transgenre ou vous connaissez des personnes qui vous ont parlé de leurs questionnements ? Il existe aussi des associations qui accompagnent les personnes dans cette situation (adultes comme enfants, et leurs proches), telles que Genres Pluriels en Belgique, par exemple. Le site https://lavieenqueer.wordpress.com (« Thématiques LGBTQIA+ et féministes depuis la perspective d’une personne trans non-binaire bi. ») contient également beaucoup d’infos intéressantes.

Pour aller plus loin :
Brochure Transidentités de Genres Pluriels

Merci à Genres Pluriels, lavieenqueer et à mes réviseuse.eur.s pour toutes les infos récoltées et leur précieux regard sur cette publication.

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